Sécheresse

La Martinique est une île où le relief, les saisons et les alizés concourent à une inégale répartition de la ressource en eau douce. Deux saisons se succèdent : le carême saison sèche et chaude de février à avril et l’hivernage plus humide de juillet à octobre. En carême, la Martinique est soumise à des épisodes de sécheresse plus ou moins sévères qui engendrent une baisse des débits et causent un stress pour les écosystèmes aquatiques. En effet, cette baisse des niveaux d’eau favorise une élévation des températures, une diminution de l’oxygénation du milieu et l’interruption des flux normaux des cours d’eau. Ceci perturbe fortement la vie aquatique (risque important de mortalité d’espèces présentes dans le cours d’eau).

Les impacts de la sécheresse sont les suivants

- baisse de niveaux des cours d’eau (hydrologie affectée),
- impacts aggravés des pollutions et risques de dégradation de la qualité de l’eau
- risques d’eutrophisation des milieux,
- perturbation des écosystèmes,
- risques pour la biodiversité,

Les conséquences économiques (limitation de l’irrigation, perturbation du tourisme, de l’industrie) et sociales, avec la limitation des usages (arrosage des jardins et des terrains de sport, lavage des voitures) ne sont pas à négliger. Ces pénuries d’eau irrégulières sont problématiques dans leur gestion car il faut réussir à concilier les usages anthropiques et la préservation des écosystèmes aquatiques. En période de carême, il manque 60 000 m3/jour, ce qui implique de puiser dans les débits dits « réservés ». Lorsque ces débits critiques sont atteints, la sécheresse est avérée.

La gestion de crise est alors conduite par la Mission Inter-Service de l’Eau et de la Nature(MISEN). Ses missions en cas de sécheresse :

- gérer l’eau collectivement et instaurer des règles de partage entre les différents usagers à l’échelle de bassins versants sur le long terme. Tous les acteurs concernés se réunissent en MISE* sécheresse pour trouver des mesures d’urgence adaptées à la situation de crise : limiter, voire interdire les prélèvements par voie réglementaire. Cette limitation concerne d’abord le lavage des voitures, le remplissage piscines et l’arrosage des jardins, puis l’irrigation et les usages industriels. Hors périodes de crise, le groupe sécheresse de la MISEN se réuni depuis 2004 pour ajuster les plans de secours eau potable établi par la préfecture et la DEAL et faire le point sur les travaux de renforcement de l’alimentation.
- Economiser les prélèvements en eau et à réduire les gaspillages. Des études sur la gestion rationnelle de la ressource sont menées dans ce cadre. Des initiatives se multiplient pour se tourner vers des ressources en eau : récupération des eaux de pluies et réutilisation des eaux épurées. Mais ces techniques sont très encadrées et l’eau ainsi récupérée ne peut pas être utilisée pour tous les usages.
- Ajuster la demande à l’offre : La réforme en cours pour l’irrigation vise à adapter les prélèvements agricoles (fixation de quotas pluriannuels par agriculteurs) aux ressources naturelles statistiquement disponibles huit années sur dix. Dans ce contexte, des compteurs individuels pour les irrigants sont mis en place.

Enfin, pour sécuriser et diversifier la ressource en eau et respecter les Débit* Minimum Biologique (DMB) , il est nécessaire d’aller vers l’exploitation d’autres ressources. La prospection se fait notamment sur les ressources en eaux souterraines pour sécuriser l’eau potable. Mais l’amélioration continue des rendements (inférieurs à 60% sur de nombreux secteurs) constitue la plus importante voie d’amélioration et demeure la principale préoccupation des acteurs de l’eau. La régulation des usages et l’augmentation de la capacité de stockage doit aussi permettre une gestion des épisodes de sécheresse sur du plus long terme.




 

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Débit

Volume d'eau qui traverse une section transversale d'un cours d'eau par unité de temps. Les débits des cours d'eau sont exprimés en m3/s avec au minimum trois chiffres significatifs (ex:1,92 m3/s, 19,2 m3/s, 192 m3/s) ou, pour les petits cours d'eau, en l/s. La précision d'un résultat de débit dépend de nombreux facteurs : type de méthode employée, soin apporté aux mesures, rigueur dans le dépouillement, influence du terrain. En hydrologie, le terme débit entre dans un grand nombre d'expressions à caractère descriptives : débit d'étiage, débit liquide, débit morphogène, débit solide.

Mission inter-services de l'eau (MISE)

Instance de coordination visant à renforcer la cohérence de l'action de l'Etat sous l'autorité des préfets. La mission interservices de l'eau (MISE) doit réunir les directeurs des principaux services déconcentrés et des établissements publics locaux (en particulier : DREAL, DDTM, DDCSPP, Gendarmerie, ONEMA, agence de l'eau, ONCFS, Préfecture, DIRM) pour débattre des priorités et des modalités de mise en œuvre de la politique de l'eau et de son articulation avec les politiques sectorielles, en veillant à la bonne association des outils régaliens, financiers et d'ingénierie publique. Le chef de la MISE est le DDT. La DREAL a un rôle de coordination des MISE au niveau régional.